La Jordanie bombarde l’État islamique après la mort de son pilote

Des dizaines d'avions de chasse ont mené une série de frappes contre des bastions de l'EI et toutes les cibles été détruites, assure l'armée jordanienne.

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La Jordanie a annoncé jeudi 5 février avoir frappé des positions du groupe État islamique après avoir promis de riposter sévèrement à l'exécution d'un de ses pilotes militaires, brûlé vif par l'EI.

Vendredi, des manifestations sont attendues dans le pays en solidarité avec la famille du pilote, pour réclamer une vengeance impitoyable, a annoncé la télévision jordanienne.

"Des dizaines d'avions de chasse ont mené à 11 heures locales (10 heures, heure de Paris) une série de frappes contre des bastions de l'EI [...] et toutes les cibles été détruites", a affirmé l'armée jordanienne dans un communiqué détaillant l'opération "Martyr Maaz", du nom de son pilote exécuté par le groupe djihadiste.

Des camps d'entraînement et des dépôts d'armes et de munitions ont été touchés", ajoute le communiqué expliquant que les opérations se poursuivront jusqu'à "l'éradication" de l'EI.

Le communiqué ne précise pas le lieu des frappes. La Jordanie, qui fait partie de la coalition internationale anti-jihadistes dirigée par les États-Unis, mène habituellement des raids en Syrie, où s'était écrasé en décembre l'avion du pilote Maaz al-Kassasbeh avant qu'il ne soit capturé par l'EI.

Une riposte "sévère"

Mercredi, le roi Abdallah II avait affirmé que "la riposte de la Jordanie et de son armée sera sévère". Accompagné du Premier ministre Abdallah Nsour, Abdallah II s'est rendu jeudi après-midi chez la famille du pilote à Karak, à 120 km d'Amman, où une immense tente avait été dressée pour recevoir les condoléances.

Dans une première mesure de représailles, la Jordanie avait exécuté mercredi la djihadiste irakienne Sajida al-Rishawi, condamnée à mort pour des attentats meurtriers en 2005 à Amman, et Ziad Karbouli, un responsable irakien d'Al-Qaïda. L'EI avait réclamé la libération de la djihadiste pour épargner la vie du pilote mais Amman avait exigé des preuves de vie de l'aviateur dont l'exécution remonte au 3 janvier selon la télévision officielle.

Vers "une intervention terrestre" ?

Pour des analystes, l'atrocité de l'exécution du pilote a poussé l'ensemble des Jordaniens à se ranger derrière leur gouvernement, donnant une "légitimité populaire" à la participation du royaume à la guerre anti-djihadistes. La Jordanie, a affirmé l'expert Hassan Abou Haniyeh, "pourrait même envisager une intervention terrestre".

Avec cette terrible exécution, l'EI, fort de dizaines de milliers de combattants, a voulu dissuader ses ennemis arabes et occidentaux de poursuivre leur lutte anti-djihadistes, selon des experts.

Des responsables américains ont expliqué qu'après la capture du pilote en décembre, les Emirats arabes unis, craignant pour leurs propres pilotes, avaient décidé de suspendre leurs raids aériens dans le cadre de la coalition.