S3XE : Non, toutes les femmes n'aiment pas le " cunni " - Décryptage et témoignages ...

Le cunni ne fait pas que des adeptes chez les femmes.

Pourquoi ?

Comment dépasser ses réticences et accepter son plaisir ?

Décryptage et témoignages ...

Si de nombreux hommes apprécient la bouche de leur partenaire, lorsqu'on demande aux femmes ce qu'elles pensent du cunni, les réponses varient.

Certes, pour une grande partie d'entre elles, comme pour Manon, cela leur procure "un sentiment de bien-être incroyable et souvent ... le top du plaisir à la clé".

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Une réponse qui n'a rien d'étonnant, puisque cette pratique serait, selon le psychologue Pascal De Sutter, "celle qui amène le plus sûrement la femme à l'extase. En effet, s'il est difficile pour un homme de trouver le clito d'une femme, la langue est plus sensible et donc il est plus simple pour l'homme d'explorer cette zone. Et comme elle est toujours humide, la langue est bien moins irritante que les doigts ou ... ", explique-t-il.

"Bon nombre de femmes n'ont pas une relation très positive à leur appareil"

Toutes les femmes ne sont pas pour autant adeptes de cette pratique.

"Je me sens mal à l'aise de voir mon partenaire la tête et la bouche entre mes jambes. Les sécrétions, les odeurs... Cela me dégoûte", confesse Charlotte. "Après, ils ont le visage tout barbouillé de... moi, et je trouve ça ignoble pour eux", renchérit Charlène. "Tous les hommes me disent qu'ils aiment cela mais malgré tout je fais un blocage." "On ne contrôle pas grand-chose et le partenaire peut nous juger. C'est en tout cas c'est ce que je ressens", ajoute Anaïs. "Et puis j'ai tendance à m'ennuyer durant un cunni, sans doute parce que je ne me relâche pas complètement."

Pour Ghislaine Paris, auteure de Un désir si fragile, Charlotte, Anaïs et Charlène ne sont pas des cas isolés.

"Bon nombre de femmes n'ont pas une relation très positive à leur appareil, contrairement aux hommes qui bichonnent le leur. En consultation, elles en parlent souvent mal. Elle le trouve laid, elles ne le regardent pas, ne le touchent pas", constate-t-elle.

Pourquoi un rejet si violent? Peut-être parce que la représentation de cette partie féminine est peu ancrée dans l'imaginaire collectif.
Nathalie Grandhomme, thérapeute de couple et sexologue, abonde dans ce sens: "Depuis qu'elles sont petites, on répète aux femmes que cette partie de leur anatomie est sale. Qu'il faut bien le laver afin qu'il n'ait pas d'odeur." Difficile, dans ces conditions, de laisser un homme y aventurer sa langue.

Conditionnées pour donner, pas pour recevoir

A cette relation des femmes à leur anatomie parfois difficile vient s'ajouter la question de l'abandon de soi. Se faire faire un cunni, c'est accepter de recevoir.
Or les femmes ont souvent été culturellement conditionnées pour donner plus que pour recevoir. "Je préfère faire des gâteries plutôt que l'on m'en fasse", assure Charlotte.

"Cette idée de recevoir du plaisir égocentriquement est difficile pour les femmes. Lors d'une pénétration, les deux partenaires sont dans une forme de fusion. Alors que lors d'un cunni, l'homme est éloigné de la femme", souligne Pascal de Sutter.

Et puis faire atteindre l'extase à une femme par cette pratique demande parfois de prendre du temps.

"Un cunni, c'est pas juste un gros coup de langue comme un chien qui boit!"

Il faut dire que manifestement, les hommes ne savent pas toujours bien comment s'y prendre. "Il ne suffit pas d'avoir la tête dedans pour qu'elle prenne son pied", constate Sabrina. Pour Manon, "un bon cunni doit être fait avec le 'coeur' et prendre vraiment compte du plaisir de celle qui le reçoit. C'est pas juste un gros coup de langue comme un chien qui boit!"

Parce que les hommes pensent parfois que les femmes ne peuvent prendre du plaisir que par le clito, ils ont tendance à se focaliser dessus, oubliant au passage que le corps de la femme est bien plus complexe.
"Il faut parfois s'éloigner, revenir, repartir à nouveau, faire monter le désir doucement", conseille Pascal de Sutter.

Pas question pour autant de faire culpabiliser les hommes.

"Plus la femme connaît son corps, et plus il lui sera facile de guider son partenaire. Peut-être pas par des paroles, qui peuvent être vécues comme trop directives par le partenaire, mais par des sons, des gémissements, ou une main qui guide", recommande Nathalie Grandhomme.

"Sentir le désir exponentiel de ma partenaire fait également monter le mien"

Lorsqu'ils sont interrogés sur la question, les hommes qui acceptent de répondre confient pourtant prendre beaucoup de plaisir à cette pratique : "Mon excitation est proportionnelle au plaisir que je procure à ma partenaire," raconte Bastien.
Victor, lui est catégorique: le cunni est sa pratique préférée. "Je trouve cela incomparable de sentir ma partenaire être en pleine extase. Sentir son désir exponentiel fait également monter le mien. Il s'agit d'une pratique subtile, il faut sentir le rythme de sa partenaire, faire monter le désir progressivement. Il faut trouver un accord. Un a-corps." raconte-t-il avec délectation.

Pourtant, Victor estime à une partenaire sur trois le nombre de femmes rencontrées qui n'aimaient pas cette pratique orale. Sa compagne actuelle elle-même "n'était pas une habituée", raconte-t-il pudiquement. Aujourd'hui, "elle découvre beaucoup de nouvelles sensations", ajoute-t-il. "Les goûts varient en fonction du temps et du partenaire", abonde Pascal de Sutter.

A chacune, donc, de connaître son corps et d'écouter ses propres désirs, sans modèle établi.