FRANCE : du cannabis en pharmacie sera commercialisé dans les semaines à venir

Le Sativex, un spray issu de la plante, sera commercialisé dans les semaines à venir

Du cannabis en pharmacie ? L’événement est inédit dans un pays où le simple mot "dépénalisation" met le feu aux poudres. Il ne s’agira pas, bien sûr, de pétards, mais d’un spray buccal, le Sativex, qui mélange deux composants de la plante, le THC et le cannabidiol, le second annulant les effets psychotropes du premier.

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Le Sativex, déjà commercialisé dans 22 pays (dont le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie) servira à soigner la "spasticité", soit les contractures musculaires dues à la sclérose en plaques.
Un vieux remède

Le traitement devait être disponible dans les officines dès janvier, mais les autorités sanitaires françaises et GW Pharmaceuticals, le laboratoire qui le fabrique, sont toujours en pourparlers pour fixer son prix et les modalités de remboursement. Il faudra donc encore attendre quelques semaines pour que les médecins puissent prescrire du Sativex.

C’est le grand retour d’une plante inscrite dans la pharmacopée française jusqu’en 1953. Par la suite, en toute illégalité, des malades du cancer, de la sclérose en plaques, du sida … n’ont jamais cessé de la fumer, de la manger, de l’inhaler pour s’ouvrir l'appétit, réduire les nausées, apaiser les spasmes et, surtout, calmer certaines douleurs contre lesquelles les anti-douleurs traditionnels ne peuvent rien.
"Sans le cannabis, je ne serais plus là aujourd’hui"

Les patients qui se soignent ainsi risquent gros. En juin, Bertrand Rambaud, séropositif, militant de longue date pour la dépénalisation du cannabis thérapeutique, président de l'Union francophone pour les cannabinoïdes en médecine, était condamné à Strasbourg pour usage de stupéfiants. Il a toutefois été dispensé de peine. Quelques mois plus tôt, il confiait à "l’Obs" : "Sans le cannabis, je ne serais plus là aujourd'hui."

Jusqu’ici, la seule option "dans les clous" était de réclamer une autorisation temporaire d'utilisation pour le Marinol, un traitement à base de THC de synthèse, qu'il fallait importer. Mais la procédure, compliquée, n'était guère courante. A peine une centaine de personnes en France ont pris du Marinol ces dernières années.

Le tournant a eu lieu à l’été 2013, grâce à un décret autorisant la commercialisation en France de médicaments dérivés du cannabis.
Pour l’heure, seul le Sativex s’est lancé dans la course. Et l’Autorisation de mise sur le marché que lui a délivrée l’Agence nationale de sécurité du médicament ne concerne que la spasticité. Un feu vert bien timide aux yeux des malades.