Santé : 4 cancérigènes découverts dans la vapeur d'e-cigarette ...

Petit coup de tonnerre dans le monde des vapoteurs : une étude japonaise vient de mettre en évidence la présence de substances cancérigènes dans la vapeur de e-cigarette.

Une concentration 10 fois supérieure aux cigarettes classiques

"Les taux varient grandement d'une marque à l'autre et même pour une même marque d'un échantillon à l'autre", ont souligné les chercheurs qui ont mesuré les concentrations de ces différentes substances pour cinq marques (non citées) de cigarettes électroniques.

"Pour une des marques analysées, l'équipe de recherche a trouvé un niveau de formaldéhyde qui a atteint jusqu'à plus de dix fois celui contenu dans une cigarette traditionnelle", a expliqué le chercheur Naoki Kunugita qui a dirigé l'étude.

Attention toutefois, car les chercheurs admettent que les taux de formaldéhyde mesurés ne sont pas constant : "Il varie au cours de l'expérience et s'élève particulièrement en cas de surchauffe du fil résistif intégré", précise le chercheur.

L'étude ne dit pas que la cigarette électronique est un dispositif cancérigène, mais que des substances cancérigènes ont pu être retrouvées dans la vapeur de certains liquides. Entre les deux, il y a un pas qui est encore loin d'être franchi.

OUI MAIS EN FAIT ...

La presse s'emballe
En regardant l'étude de plus près, le taux que toute la presse reprend, selon lequel il y aurait dix fois plus de formol dans les bouffées de vapotage, est une façon de présenter les choses disons ... un tantinet exagérée.

Le chiffre est bien réel mais ne concerne qu'un seul échantillon sur un seul des produits analysés pour une seule des substances recherchées. Contacté par un site de recherche sur la cigarette électronique, le professeur Kunugita, qui a mené cette étude, rappelle que, dans ses résultats globaux, il a observé non dix fois plus mais... six fois moins de formol !

sante-4-cancerigenes-decouverts-dans-la-vapeur-de-cigarette

Faut-il réguler la cigarette électronique ?

Ce genre d'études souligne la nécessité de trancher sur la régulation de l'usage des cigarettes électroniques et des liquides aromatisés.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé en août 2014 d'interdire la vente des cigarettes électroniques aux mineurs et leur usage dans les lieux publics fermés, estimant qu'elles présentaient un "grave danger" pour l'adolescent et le fœtus.

Avec un marché estimé à 10 milliards de dollars en 2017, on peut compter sur les fabricants, distributeurs de cigarettes électroniques, laboratoires et même les groupes de l'industrie du tabac pour se le disputer et nous "intoxiquer"... au moins avec des chiffres !